Petites histoires d’arbres au Bénin

Ils sont grands, majestueux, ils veillent sur les habitants, sont sacrés et parfois maudits. La vie des villages s’organise autour d’eux, à leurs pieds si profondément enracinés. Boababs, fromagers, saucissoniers, ils sont l’âme du Bénin, les arbres.

Les arbres fascinent. Présents dans les plus anciens récits, ils reviennent sur le devant de la scène dans de multiples livres. Lors de notre séjour, nous avons croisé de nombreux arbres, parfois millénaires, souvent plus que centenaires. Dans ce pays, ils sont sacralisés et correspondent à des mythes bien précis liés à la puissante magie du Vaudoun. En effet, les sites sacrés se trouvent souvent près d’un arbre. Ils ont chacun leur histoire…


Voici l’arbre maudit, un endroit incontournable devant le Palais du roi Akaba, à Abomey. Le roi, alors qu’il rentrait d’une victoire sur le champ de bataille, passa sous son arbre, acclamé par la foule. Un fruit de l’arbre lui tomba alors sur la tête, ce qui lui procura une grande honte. Aidé par le Fa, le roi Akaba maudit cet arbre et lui jeta un sort : dorénavant il ne donnerait plus jamais de fruits. Aujourd’hui encore, alors qu’il est bien en vie, cet arbre demeure stérile.


Le boabab est l’arbre sacré par excellence. Le toucher vous permet de vivre vieux, alors on ne s’en est pas privé ! A Taneka Beri il semble veiller sur le village et ses petites tatas somba, cases de forme arrondie. Si vous souhaitez avoir un enfant c’est également lui qu’il faut venir voir. Une fois le bébé né, s’il est un peu chétif, il le rendra fort si vous infusez son écorce dans le bain du petit. Prenez tout de même soin d’éviter le sexe si c’est un garçon, il pourrait devenir trop fort 😉


Nouvel arbre, nouvelle histoire. Cet arbre majestueux se trouve à Koussoukouingou, pays des tatas somba. La légende dit que les créateurs de ces cases si typiques fuyaient la guerre et sont venus se cacher dans la savane. Ils se sont par la suite divisés en plusieurs villages mais restaient très liés. Pour trouver le village voisin, rien de plus simple : il serait construit au pied d’un gros arbre. Celui-ci serait l’arbre du tout premier village.


Les arbres ont une vraie place au cœur des villages. Sur la première photo, le roi du village de Taneka Beri se repose après son échange avec nous. Sur la deuxième photo nous trouvons un autre arbre de ce village. Les habitants se retrouvent à son pied lors de cérémonies, de fêtes et de moments importants comme le soir des contes.


Les arbres sont aussi les témoins des grands drames de l’humanité. Ouidah était le plus grand port de commerce d’esclaves du golfe de Guinée. Les prisonniers, après avoir été vendus sur la place du marché puis ayant subit des tests de résistance, prenaient la route des esclaves, les conduisant à la plage où ils embarquaient pour l’ Amérique. Sur leur chemin ils croisaient l’ arbre du retour, ici en photo. Il garantissait ainsi aux prisonniers le retour de leur âme au pays lorsqu’ils mourraient.
Il s’agit d’un saucissonnier, un arbre qui permet aussi de faire de la médecine. La pulpe du fruit sert à raffermir la poitrine des femmes et l’écorce, en infusion, permet de soigner les maux d’estomac.

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